Le 24 août, Bitcoin a poussé jusqu'à environ 79 981 dollars en séance avant de revenir sous ce niveau. Vendredi déjà, CoinDesk le donnait à 79 400 dollars au plus haut et proche de 24 % de progression depuis le lundi, soit sa plus forte avancée hebdomadaire depuis mars 2023.

Ce n'est toujours pas un record historique. Bitcoin reste nettement sous le sommet supérieur à 126 000 dollars atteint en octobre 2025. Le mouvement actuel ressemble davantage à une sortie brutale de plusieurs semaines de compression qu'à la découverte d'un nouveau territoire de prix.

Le Trésor n'a acheté aucun Bitcoin

Le premier déclencheur vient pourtant de Washington. Le 19 août, le département du Trésor américain a annoncé qu'il allait au moins doubler la taille maximale de certaines opérations de rachat destinées aux obligations nominales de long terme, celles situées entre 10 et 30 ans. Le plafond doit passer de 2 à au moins 4 milliards de dollars par opération.

Il faut garder la chronologie en tête : l'augmentation prend effet le 9 septembre et doit courir jusqu'au 4 novembre. Le rallye de Bitcoin a donc réagi à l'annonce et à son effet sur les anticipations de taux et de liquidité, pas à plusieurs milliards de dollars que le Trésor aurait déjà injectés dans la crypto.

Les obligations longues venaient de subir une forte vente et le rendement du Treasury à 30 ans avait atteint son niveau le plus élevé depuis 2007. L'annonce des rachats a d'abord fait reculer ce rendement et amélioré le climat autour des actifs risqués. Reuters souligne que le soulagement sur le marché obligataire a lui-même été assez bref.

Le passage des 67 000 dollars a trouvé beaucoup de vendeurs au mauvais endroit

Bitcoin évoluait depuis début juillet dans une zone approximativement comprise entre 62 000 et 66 900 dollars. Cette faible volatilité avait encouragé l'accumulation de positions vendeuses autour du haut de la fourchette.

Lorsque le prix a franchi cette zone, CoinGlass comptabilisait environ 3 milliards de dollars de positions short liquidées en 24 heures, contre 263,5 millions sur les positions longues, selon les données citées par CoinDesk. Plus d'un milliard de dollars de liquidations se seraient concentrées sur une seule heure.

Une liquidation short force le trader ou la plateforme à racheter l'actif pour fermer la position. Quand un grand nombre de vendeurs sont forcés de le faire simultanément sur un marché où l'offre disponible est mince, leurs rachats deviennent eux-mêmes du carburant pour la hausse. CoinDesk décrit cette séquence comme le plus important épisode de liquidations vendeuses depuis au moins 2021.

Les déclarations de Donald Trump sur le CLARITY Act sont arrivées après l'essentiel de cette première cassure. Elles ont pu soutenir une deuxième jambe du mouvement, mais les données disponibles ne permettent pas de les présenter comme le déclencheur initial.

Les ETF sont revenus au même moment

Il existe aussi une demande spot plus facile à mesurer. Les ETF Bitcoin américains ont enregistré cinq séances consécutives d'entrées nettes entre le 17 et le 21 août.

Les données de Farside Investors donnent 297,5 millions de dollars le lundi, 189,3 millions le mardi, 517,2 millions le mercredi, 606,3 millions le jeudi et 307,5 millions le vendredi. Total : environ 1,92 milliard de dollars.

IBIT de BlackRock représente à lui seul plus de 1,3 milliard sur ces cinq séances. C'est une différence importante avec un mouvement reposant uniquement sur les dérivés : le short squeeze accélère le prix, les entrées d'ETF signalent en parallèle des achats sur des véhicules spot.

80 000 dollars est surtout un niveau à tester

Le marché a déjà montré qu'il pouvait parcourir plus de 15 000 dollars en quelques jours. Il a aussi reconstruit rapidement du levier après les premières liquidations : CoinDesk relevait une remontée de l'open interest dès le 20 août.

Le programme élargi de rachats obligataires du Trésor américain commence le 9 septembre. Au 24 août, Bitcoin tourne autour de la zone des 79 000 dollars après avoir brièvement approché 80 000.